La cohabitation avec la nature suivant les films Ghibli

« Nous avons compris que la vie est belle. Qu’il fallait vivre en accord avec la nature. Travailler dans les champs rend plus heureux que faire la guerre. » (Monsry)

L’équilibre, nous le contemplons avec la communauté rurale d’Edenia, ainsi que chez les Emishis (Princesse Mononoke), ou bien, nous le devinons chez Totoro et Kiki, avec leurs villages cachés dans la campagne. Shuna renouvelle, pour sa part, le lien sacré entre l’homme et la Terre, en ensemençant à nouveau le sol. Dans Conan, c’est aux adultes, ceux qui ont compris la leçon, qu’il incombe de prévenir la jeune génération. Comme le dit le professeur Raho : « Nous avons tous oublié que la nature avait ses propres règles. Le soleil brille dans le ciel et permet la vie sur terre, et la vie végétale a été amenée a apparaître. L’homme est venu bien après et il sait maintenant qu’il doit vivre au milieu de cette nature. Tu devras respecter cette nature Conan. C’est le bien le plus précieux qu’un homme puisse léguer aux enfants. L’homme paye toujours un lourd tribut pour ses erreurs, car il évite d’anticiper les dégâts commis contre son environnement.

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Dans Conan, lors de l’occupation d’Edenia, un pêcheur explique que la décision prise par Monsry de renflouer le Barracuda est une terrible erreur. En effet, rebâtir ce bateau va nécessiter la mobilisation de la population, et ce pendant plusieurs mois, ce qui entraînera le pourrissement des récoltes. Il faudra aussi brûler la forêt pour fondre le métal, ce qui engendrera à coup-sur une catastrophe pour l’écosystème de l’ile. L’importance de préserver notre environnement, les habitants de la Vallée du vent en sont tout à fait conscients. Avec l’arrivée des vaisseaux tolmèques, des miasmes se sont répandus et il leur faut les éradiquer pour ne pas contaminer leur territoire. Malheureusement, cette politique de terre brûlée entraîne des pertes, au grand désespoir des habitants, notamment quand il faut abattre et incinérer un très vieil arbre qui permettait de préserver les réserves d’eau.

Au delà de l’équilibre de la cohabitation, il existe des sociétés humaines ayant choisi la voie de la fusion avec la nature. La recherche d’unité la plus représentative est sans doute celle du Peuple de la forêt, ces nomades « qui, ayant renoncé au feu, rejettent le monde des hommes et vivent reclus dans les profondeurs de la forêt. » Pour maintenir l’équilibre et l’harmonie entre les deux partis, ce peuple s’est plié aux règles de leur environnement ( une forêt devenu toxique) et a décidé de ne pas intervenir, de laisser la nature se charger des choses, Leur existence symbiotique avec la forêt toxique est si grande qu’ils en connaissent le secret, mais se refusent à le divulguer.

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Nausicaa

la relation entre civilisation et nature passe aussi par l’image des vestiges du passé

À cela s’ajoute la fonction symbolique de Nausicaä et Ashitaka, deux personnages servant de trait d’union entre les deux parties. Miyazaki de préciser : « Je dirais plutôt la personnification de la manière dont il faut vivre dans ce monde. Effectivement, Ashitaka sait observer attentivement les deux camps. Mais s’il prend parti, il peut se détruire lui-même… En fait, le rôle de l’être humain est d’évoluer en connaissant ces deux aspects que la vie lui propose, sans pour autant opter pour l’un ou pour l’autre. Il doit essayer de trouver son propre chemin, trouver un juste milieu en respectant et en intégrant ces deux choses essentielles. C’est quelque chose de très difficile, qui amène à une prise de conscience : celle de la difficulté d’être. »

Cela étant, les deux personnages décideront in fine de demeurer auprès des leurs, les humains. Comme le dit Nausicaä : « Jaime beaucoup trop les gens de ce monde pour les laisser. Je continuerai à vivre dans ce monde crépusculaire que l’humanité a souillé. » Dans l’univers miyazakien, la relation entre civilisation et nature passe aussi par l’image des vestiges du passé. Nous assistons ici à une revanche tranquille de la nature, qui regagne le terrain perdu au profit de civilisations qui finissent toujours par dépérir et disparaître. Nous pouvons ainsi contempler les ruines de la civilisation transformées en ilots par l’océan (Conan), ou bien découvrir une ville romaine engloutie dans les eaux d’un lac (Cagliostro). Dans les mondes de Nausicaä et de Shuna, les grands espaces désertiques sont constellés de ruines émergeant du sol.

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Quand Laputa se dévoile derrière une barrière de nuages, cette île semble être un refuge édénique. En haut, dans la cité, le voyageur peut se promener dans un jardin dont la végétation recouvre les palais abandonnés depuis longtemps. En bas, dans l’obscurité, le lichen et les racines ont investi le monde minéral des salles de maintenance. Patiente, la nature a repris ses droits sans heurts. L’intrusion violente de l’armée de Muska menacera un court instant la sérénité des lieux. Mais heureusement, l’action de Pazu et Sheeta permettra de sauver le « cœur » de Laputa, cet arbre géant s’élevant hors de la portée des hommes, tandis que les fondations technologiques de l’île volante sombreront dans l’océan. La nature sera toujours là.

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