La pêche au japon, écologie, fierté et économie.

Certaines espèces ont entièrement disparu au japon

L’alimentation japonaise reste encore largement basée sur la mer. Poissons, coquillages, condiments à base d’algue, etc. Tout est consommé dans le poisson, jusqu’aux arêtes qui fournissent l’apport en calcium. Les produits marins, poissons crus ou algues, sont d’ailleurs au sommet de la culture gastronomique et participent a sa notoriété, peut être  plus que le riz. En plus de sa condition d’archipel, qui lui garantit un accès direct à cette ressource, les reliefs côtiers dotés de nombreuses criques ont permis la construction de ports naturels à l’abri des typhons.

Sur les côtes basses deltaïques, dans les fonds de baie ou les mers intérieures peu profondes comme celle d’Ariake (Kyüshü), les zones humides ont facilité la culture des algues et des coquillages. Mais surtout, le Japon est situé à proximité des eaux les plus poissonneuses de la planète. Les courant froids et poissonneux de Chishima (Oyashio) dans le Pacifique, celui de Liman dans la mer du Japon, en provenance de la mer d’’Okhotsk, se mêlent au large des côtes japonaises au Kuroshio, le puissant courant chaud en provenance de la zone intertropicale, qui apporte les espèces carnivores des mers chaudes, comme le thon ou la bonite. Le trajet de ces dernières traduit bien l’apport de ce mélange des courants.

mount fuji

une pêche plus artisanale subsiste

Au printemps, les bancs de bonites remontent les côtes japonaises vers le nord, et permettent une première campagne de pêche. Celles qui ont échappé aux filets atteignent Hokkaidô et les eaux poissonneuses de l’Oyashio, où elles s’engraissent, avant de redescendre ver le sud à l’automne, plus charnues. Pour une deuxième campagne de pêche. Ainsi, même si les eaux japonaises ont surexploitées, elles continuent de fournir l’archipel, du moins en poissons de taille moyenne — maquereau, sardine, chinchard — ou en calamars. Cette richesse halieutique a permis le développement de régions où le riz est difficile à cultiver du fait du relief ou du climat. C’est le cas du Sanriku, région la plus exposée et la plus vulnérable aux tsunamis et sous la menace des vents froids l’été, les kigakaze (vents de la famine), qui interrompent la croissance du riz. Mais elle est au contact direct de la zone d’arrivée de l’Oyashio. Cela permet encore à ses petits ports de pêche, comme Onagawa, Miyako, Kesennuma ou Ofunato, de se maintenir, même si les prises sont plutôt de faible valeur.

La pêche hauturière se pratique à partir des grands ports comme Yaezu et Chôshi, vers l’ensemble du Pacifique, jusqu’au Chili. Elle approvisionne les marchés de TÔkyô comme Tsukiji, mais elle est de plus en plus sous-traitée à des flottes étrangères.

Parallèlement, une pêche plus artisanale subsiste, spécialisée sur des espèces précises à très haute valeur ajoutée comme la pêche au thon à la ligne, dans les ports de Misaki (Kanagawa) ou Oma (Aomori), et dont les prix battent les records. C’est aussi le cas du fugu, au poison mortel, à Shimonoseki, ou les crabes des neiges et les oursins d’Hokkaidô qui bénéficient aussi des eaux de l’Oyashio. Le cas de la pêche à la baleine est particulier : sous couvert de pêche scientifique, les flottes japonaises pêchent, selon les années, entre 200 et 600 spécimens de cétacés, dans le Pacifique Nord et dans l’Antarctique. Pourtant la consommation de viande de baleine a chuté depuis les années 1970 et les campagnes de pêche grossissent chaque année les stocks congelés d’invendus, malgré des campagnes de promotion auprès des consommateurs japonais et des touristes de passage.

photo of brown blue red and white fish with wings wall painting

Le japon fait attention par nécessitée

La pêche nationale ne suffit cependant plus à nourrir le Japon, autosuffisant à 50 % en produits marins mais, en déclin depuis le pic de 1989, qui était essentiellement le fait de la pêche hauturière, la pêche pélagique ( impacte nul sur le milieu marin, mais risque de surpêche) c’est effondrée, et n’est pas contrebalancée par l’aquaculture. C’est aussi celle qui a le plus souffert de l’industrialisation des littoraux et de l’artificialisation des estrans qui ont réduit les sites de nidification des poissons et appauvri les eaux.

La nature des prises s’est aussi profondément modifiée avec une diminution de 40 % du thon et de la bonite dans les années 2000, remplacés par des espèces moins valorisées mais plus abondantes comme la sardine ou le maquereau. Dans le même temps, le nombre de pêcheurs a diminué de 100 000 pour s’établir à 167 000 en 2015.

Certaines espèces ont entièrement disparu comme le hareng, qui faisait la richesse des ports du nord-est d’HokkKaidô, laissant des régions sinistrées. Dans ces conditions, la majeure partie au poisson consommé au Japon est congelée et vient de très loin, à l’instar du thon rouge du Pacifique Sud, de l’océan indien ou de Méditerranée, et . des crevettes vietnamiennes.

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