Comprendre les enjeux du prochain sommet de l’Inde.

Ce mois-ci, les chefs d’État de l’Inde et du Pakistan participeront, pour la première fois en tant que membres à part entière, au Sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui se tiendra à Qingdao, en Chine. Le Pakistan était déjà engagé avec les États membres de l’Organisation de Shanghai pour la coopération dans la nouvelle route de la soie (BRI). L’adhésion à l’OCS renforcera la position du Pakistan et son intégration dans la région, particulièrement avec la Chine son grand allié … face à l’Inde. Donc dans cette situation qu’est la place de l’inde dans cette cooperation ?

D’habord, comprenons certaine base de la geopollitique indienne.

L’Inde a été un membre moteur du Mouvement des pays non alignés depuis sa création en 1956, mais lorsque la guerre froide a pris fin, l’Inde a réalisé que le non-alignement n’était plus une option si elle voulait réaliser ses motifs géopolitiques. Bien que l’Inde fasse toujours partie du Mouvement des pays non alignés, elle s’en est pratiquement dissociée en s’alignant sur l’Occident.

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Qingdao avant le 18ème Somment de l’OCS

Pour comprendre ce comportement, nous devons comprendre les fondements de la politique étrangère indienne tels qu’ils ont été définis par l’ancien génie militaire et diplomatique Chanakya. Chanakya disait  : « Votre voisin est votre ennemi naturel et le voisin du voisin est votre ami. » C’était la pensée de base derrière la théorie suivie encore aujourd’hui. En suivant cette voie, on peut comprendre que l’Inde rejoigne le groupe « Quad » qui comprend également l’Australie, les Etats-Unis et le Japon, mais il n’est pas clair si une telle politique peut fonctionner parallèlement à l’alliance régionale OCS ( organisation de cooperation de shanghai.

Samsraya, ou le principe de construction d’alliances, est que les Etats sous la protection d’un roi plus fort peut conclure des alliances ou signer des traités qui lui seront avantageux a long terme. Le Logistics Exchange Memorandum of Agreement (LEMOA) en est un exemple clair, les Etats-Unis et l’Inde peuvent utiliser conjointement leurs installations militaires respectives à des fins logistiques, donnant ainsi aux deux pays une immense mobilité en termes de guerre navale.

Chanakya a  aussi donné le principe du dvaidhibhav, qui conseille d’avoir la paix avec un État afin de poursuivre les hostilités avec un autre État. L’Inde est membre du Dialogue quad sur la sécurité, qui se présente comme représentant les forces démocratiques de la région Asie-Pacifique. Les motifs cachés du groupe sont de contrer la Chine et la Russie, qu’ils considèrent comme des forces antidémocratiques.

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A Qingdao on vit aussi loins du tumulte des relations international

Aujourd’hui, l’Inde est le deuxième bénéficiaire de l’aide américaine après Israël. Les États-Unis fournissent les dernières technologies, des armes , une assistance économique et financière, ainsi qu’une assistance politique et militaire.

Les récents pourparlers informels entre le président chinois Xi Jinping et le premier ministre indien Modi visaient à convaincre l’Inde d’adhérer à l’initiative Belt and Road. Les pourparlers n’ont toutefois pas été concluants et l’Inde s’oppose encore ouvertement à la BRI. Alors que tous les autres États membres de l’OCS sont déjà bénéficiaires ou partisans, l’Inde seule s’y oppose farouchement. Comment cela affectera-t-il l’inclusion de la BRI dans l’ordre du jour de l’OCS ?

L’Inde dans l’Organisation de coopération de Shanghai

Dans cette situation, comment l’Inde peut-elle concilier ses propres intérêts avec ces blocs divergents ? L’OCS a son propre programme de sécurité et de coopération régionale, auquel les États membres se sont engagés. De quel côté l’Inde se placera-t-elle ? L’OSC peut-elle offrir à l’Inde une meilleure sécurité pour s’impliquer avec des partenaires régionaux plutôt qu’avec des partenaires transrégionaux ?

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L’Inde est donc engagée avec les États-Unis, l’Australie et le Japon dans le dialogue indo-pacifique. Pendant ce temps, la Chine et la Russie – principaux moteurs de l’OCS – figurent sur la liste des pays dangereux pour l’hégémonie des  États-Unis, le président Donald Trump ayant ciblé spécifiquement ces deux pays dans son discours sur l’état de l’Union en janvier. L’Inde peut-elle rejoindre l’OCS tout en sauvegardant ses intérêts occidentaux

En effet, l’OCS constitue l’une des régions les plus densément peuplées du monde, riche en ressources naturelles, mais l’homme de la rue y souffre. La provision d’une nourriture adéquate, d’eau potable, d’éducation, de soins de santé et de sécurité demeurent des problèmes majeurs. On espère qu’à travers la plateforme OCS, ses membres pourront obtenir plus de coopération, plus de collectivité, plus de commerce, plus d’activités économiques, plus d’emplois et un meilleur ordre public. Pourtant cet outil vient d’un pays qui pense surtout a devenir la super-puissance de demain en contrôlant sa zone d’influence. Je ne vois pas comment l’Inde pourrait être vraiment impliquer dans cette coopération dans de telle condition. Nous auront un début de réponse dans quelque jour !

 

 

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