La Chine en Afrique.

La Chine en Afrique.

UN DÉPLOIEMENT ESSENTIEL

La politique africaine de la Chine s’est étalée sur trois périodes, répondant à autant d’objectifs stratégiques pour Pékin. Tout d’abord, dès les années 1950, le Parti communiste chinois (PCC) a activé l’aide au développement en Afrique comme un levier de soft Power dans sa concurrence avec Taïwan afin d’obtenir les soutiens diplomatiques nécessaires pour garantir sa représentativité au sein du Conseil de sécurité des Nations unies. Ensuite, avec l’ouverture économique dans la décennie 1990, le PCC a favorisé l’implantation sur le continent africain des entreprises chinoises dans leurs recherches de nouveaux marchés. Depuis les années 2000, la présence de Pékin en Afrique répond à l’augmentation de la demande chinoise en matières premières, comme la bauxite (minéraux essentiels à la production d’aluminium), l’Afrique représentant 90 % des approvisionnements chinois en 2010.

La géographie de l’empreinte économique Chinoise en Afrique depuis le début des années 2000 dessine une sphère d’influence principalement située en Afrique centrale (et non à la Centrafrique), où la République populaire compte en 2014, pour 21% du PIB régional, contre 13% de celui d’Afrique de l’Est et australe(), à l’inverse, l’Afrique de l’Ouest et du Nord reste encore marginale avec toutefois une présence des médias rouges et d’instituts Confucius. Pékin vise en particulier des États riches en ressources naturelles, la majorité de celles exportées par l’Afrique allant justement vers la Chine : 54% du bois, 21% du pétrole, 42% des minerais et métaux.

Cependant, la grande réussite de l’implantation chinoise en Afrique se trouve dans sa conquête des projets d’infrastructures, notamment ferroviaires et routiers. Depuis les années 1980, les bailleurs de fonds internationaux se sont désengagés du financement de ces secteurs, souvent considérés comme des « éléphants blancs » sans réelles retombées économiques ou sociales pour les pays africains. Une brèche dans laquelle la Chine s’est engouffrée en proposant son propre modèle, s’appuyant sur un système de financement de crédits, la réalisation des projets par ses sociétés et un remboursement du crédit en échange de l’exploitation des matières premières du pays. Un « paquet » qui a permis à la Chine de devenir le premier banquier de l’Afrique. Une réussite d’autant plus aisée que Pékin ne conditionne pas ses contrats au respect de normes démocratiques ou environnementales, contrairement aux États et organisations occidentales. Ainsi en 2016 la Chine a investi plus de 37 milliards de dollars aux futures le plus peuplés des continents, contre 3,5 pour les EUA et 2,1 pour la France.

china affrique du sud
Plus de 400 000 Chinois vivent en Afrique du Sud, la plus grosse communauté chinoise en Afrique

Tout n’est pas Rose pour le Dragon rouge

L’accroissement de la présence de la République populaire en Afrique entraîne la montée de réactions d’hostilité à son égard et à ses ressortissants. En 2013, au Ghana, plusieurs milliers d’orpailleurs chinois ont ainsi été expulsés, accusés d’exploiter également les mines d’or et de concurrencer les Ghanéens par leurs pratiques industrielles.

La Chine fait aussi face à la multiplication des crises. Elle est amenée à devoir protéger ses ressortissants, tout en montrant que sa présence n’est plus seulement d’ordre économique. Son armée est désormais déployée dans plusieurs forces internationales sur le continent, comme au sein de [à Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali. La première base militaire à l’étranger a vu le jour en 2017 à Djibouti, tandis qu’au Soudan du Sud, Pékin a proposé sa médiation pour la mise en place d’un processus de paix entre les camps rivaux, suivi d’une prise de distance avec Khartoum. Ces dispositions de la Chine sur le volet militaire ont aussi un pendant culturel et humanitaire, avec la construction d’écoles, d’hôpitaux ou d’instituts Confucius. Cette stratégie vise l’implantation à long terme face à l’augmentation de la concurrence pour la conquête des marchés africains, à mesure que de nouveaux acteurs y investissent le terrain.

Le Japon a ainsi promis lors de son propre sommet, la Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique, tenue à Nairobi en août 2016, une aide de 10 milliards de dollars à l’Afrique d’ici à 2018. Plus spécifiquement, le gouvernement nippon a proposé l’élargissement du Conseil de sécurité de l’ONU à un État africain. Une institution au sein de laquelle le Japon espère justement siéger un jour, en s’appuyant sur le soutien de ses partenaires économiques africains pour faire pression sur les instances internationales. Une position à laquelle la Chine est absolument opposée.

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