Travail et famille : acteur social.

Travail et famille : acteur social.

Les instances d’intégration sociale

La famille, une instance de socialisation en mutation

La famille est une instance primordiale de socialisation car elle assure la socialisation primaire, celle qui permet aux individus de s’approprier les normes et les valeurs dominantes de leur société, leur permettant ainsi de s’y intégrer. Son rôle est tel, qu’on retrouve son influence dans un grand nombre de comportements de l’adulte (niveau d’études, choix du conjoint, etc.).

La famille contemporaine est marquée par une d’institutionnalisation qui se manifeste par la diversification des structures familiales: montée des familles monoparentales et recomposées; recul du mariage conjointement à la montée de l’union libre du PACS; recul de l’âge à la naissance du premier enfant, qui a entraîné une baisse de la fécondité, depuis quelques années stabilisées. La désinstitutionnalisation de la famille correspond à des liens familiaux moins statuaires et plus affinitaires ( le choix d’aimer ou ne pas aimer se développe). Cette évolution peut permettre de mieux prendre en compte les individualités: les liens familiaux sont de plus en plus négociés (démocratisation?). En revanche, cette évolution peut marquer une diminution de l’autorité de la famille et affaiblir son rôle dans la socialisation primaire où elle se trouve de plus en plus concurrencée par d’autres agents (télé, groupe de pairs, etc.). Cette évolution fait craindre à certains l’incapacité ou les difficultés de la famille à transmettre aujourd’hui les normes et les valeurs permettant l’intégration de ses membres.

chines family

Toutefois, cette désinstitutionnalisation n’est en fait rien d’autre que la crise d’une forme familiale: le couple marié. Il n’y a pas de crise de la famille en général, mais crise du couple marié.

Cette d’institutionnalisation n’est, de plus, pas synonyme d’affaiblissement. Au contraire, les solidarités familles tendant même à se renforcer et la famille demeurent de loin la première instance d’identification des individus. On assisterait plutôt à l’émergence d’un nouvel esprit de la famille qu’au déclin déploré par certains.

COHÉSION SOCIALE :

Négatif:- montée de l’individualisme des les relations familiales.

– instabilité formes familiales (précarité économique/sociale/culturel)

positif:- 1er cercle d’entraide

– 1er élément d’identification des individus

– liens familiaux – subis mais plus choisi = des liens plus forts.

L’école et la citoyenneté: des instances d’intégration démocratiques en crise ?

L’école lutte contre tous les particularismes (religieux, ethniques, culturels, sociaux, etc.) afin de former un citoyen neutre, disposant d’un jugement critique sur son environnement social. Elle a ainsi pour mission de fournir un socle commun de connaissances à tous les élèves, indépendamment de leurs appartenances familiales, culturelles sociales, etc. Les connaissances communes transmises par l’école (en particulier la langue, l’histoire, la géographie) permettent de construire une identité nationale. En sortant de l’école, les individus auront reçu des valeurs et des normes communes, facilitant leur intégration dans l’ensemble culturelle que constitue la nation.

Dans les sociétés démocratiques, l’appartenance à la communauté des citoyens se substitue aux anciennes instances communautaires d’intégration (religion, village). L’école républicaine n’a donc pas pour seule mission de former des individus, des travailleurs, mais aussi d’intégrer des citoyens, de « faire nation ». L’allongement de la durée d’une scolarité commune, avec le collège unique et la démocratisation du lycée et de l’enseignement supérieur, a renforcé ce rôle intégrateur de l’école.

En même temps, ce rôle intégrateur s’accompagne d’une hétérogénéité croissante, qui rend moins évidente l’intégration scolaire et peut donner lieu à des situations de dérèglements et de pertes de repères, par exemple dans ZEP ou encore dans les premiers cycles universitaires. Enfin, on a déjà vu lors de chapitres précédents que massification ne signifiait pas toujours démocratisation et que la méritocratie relevait plus du mythe que de la réalité.

COHÉSION SOCIALE :

moins:

-inégalité des chances (environ 150 000 élèves sans diplôme /an)

-démonétisation diplômes

plus:

-perpétuation des normes/valeurs communes

-ambition de former de citoyens autonomes

-apprentissage de l’altérité grâce à la vie en commun

Le lien citoyen connaît également des transformations ambivalentes. D’une part, la montée de l’abstention peut être interprétée comme un symptôme d’affaiblissement du lien citoyen. Cet absentéisme croissant est le signe d’une défiance grandissante des citoyens envers ceux qui se proclament « professionnels de la politique » c’est-à-dire les élus, les représentants.

Commune paris

D’autre part, la participation a des associations politiques et citoyennes, à des ONG, ou encore le développement du bénévolat sont facteur d’intégration. Elle témoigne d’une certaine volonté, de la part de ces citoyens, de se réapproprier de la politique, de proclamer que la politique qui est la conduite des affaires communes est l’affaire de tous les citoyens et non pas d’une minorité de « professionnels » (cf. chapitre « mobilisation collective et NMS).

Le travail comme fondement privilégié du lien social dans les sociétés contemporaines.

Le travail intègre en fournissant un statut. L’industrialisation et la montée du salariat ont fait du travail le facteur d’intégrations caractéristique des sociétés contemporaines. Aujourd’hui, le travail contribue à l’intégration sociale comme moyen de substance, comme pourvoyeur d’un statut, parfois source d’épanouissement personnel et d’expression de soi (pour ceux qui exercent une activité qu’ils ont choisie par goût). Le rapport au travail dépend en effet de la profession exercée et des conditions de travail. Cependant, l’activité professionnelle, ou son absence, est toujours constitutive de l’identité individuelle et conditionne l’intégration sociale.

Le travail intègre en fournissant des protections sociales. L’emploi permet aux individus de contribuer au financement d’un système d’assurances sociales et d’en bénéficier quand ils en ont besoin: l’intégration par le travaille passe alors par la mise en ouvre d’un système de solidarité qui lie les actifs et les inactifs. De même, être employé c’est aussi bénéficier de tout un système de protection juridique (le droit du travail) construit pour rétablir l’asymétrie de pouvoir qu’il y a entre un salarié et un patron.

Pour toutes ces raisons, on comprend pourquoi la précarité (CDD, intérim, temps partiel subi), le chômage et l’individualisation croissante des relations au travail ne raccrochent plus de façon stable l’individu au collectif, ne lui permettent plus de trouver un statut et un environnement professionnel durable.

Cohésion sociale.

les + les –

Statut chômage

R précarité

Protection sociale concurrence entre salariés.

estime de soi

sentiment d’utilité

Le principal facteur permettant de rendre compte d’une crise de la cohésion sociale semble bien être celui de la fragilisation de l’emploi, bien avant une hypothétique crise de la famille ou de l’école.

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