Commerce international: partie 1

Commerce international

Face au développement du commerce international: libre échange ou protectionnisme?

Le commerce international a considérablement évolué depuis les années 1940. La simultanéité de l’essor des échanges et du développement économique conduit à poser la question de l’existence de liens entre commerce international et croissance et à réfléchir sur le débat qui oppose les partisans du libre-échange et ceux du protectionnisme depuis plus de deux siècles. Parallèlement, de nombreuses entreprises ont été contraintes ou incitées à développer leur activités dans différents pays: cette multinationalisation des firmes semblent remettre en cause la capacité des États à réglementer les activités économiques.

Comment expliquer le développement du commerce international ?

Un essor sans précèdent du commerce international

Si les échanges entre les hommes sont anciens, ils ont pris une nouvelle ampleur lors des périodes d’internationalisation  des économies à la fin du XIX siècle et depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Les pays européens et d’Amérique du Nord s’accaparent toujours prés de 60% des échanges mondiaux

Quelques changements sont néanmoins perceptibles; l’Asie voit sa position se renforcer très nettement .

Les produits manufacturés restent majoritaires et la croissance de leurs échanges est permanente, à l’inverse des produits énergétiques et des produits agricoles. En revanche, les échanges de service augmentent considérablement.

commerce chine
Marco Polo, son père et son oncle sur la route de la soie entre Venise et l’Empire mongol, qui deviendra plus tard la Chine impériale.

Si l’on parlait de commerce international jusqu’à la crise de 1973, l’accroissement des échanges et leur présence permanente dans la vie quotidienne incitent à parler de mondialisation ou de globalisation. Ces termes indiquent que les échanges sont aujourd’hui présents dans tous les pays et que les entreprises conçoivent le monde comme leur espace d’intervention.  Les échanges se font entre des entreprises et entre des nations, la concurrence se généralise à l’échelle de la planète et les capitaux circulent de plus en plus librement d’un pays à l’autre.

Comment expliquer cet essor ?

Après le constat illustré, vient le temps de l’explication:  pourquoi le commerce international a-t-il connu une telle expansion ? Quels mécanises, quelles théories permettent d’expliquer, d’encourager et de justifier cet essor ? Une première famille de théoriciens pense que c’est parce que les pays ont intérêt à se spécialiser dans les domaines où ils sont les plus forts qu’ils gagnent ensuite à anticiper à la mondialisation.

David Ricardo (1772-1823), entrepreneur, homme politique et économiste anglais, libéral, est un ardent défenseur et théoricien du libre-échange qu’il fonde sur la théorie dite des avantages comparatifs (avantages comparatif: idée selon laquelle chaque pays a intérêt à se spécialiser dans la production d’un bien pour lequel il dispose d’un avantage le plus grand ou d’un désavantage le plus faible).

Il prend l’exemple de deux pays, l’Angleterre et le Portugal et de deux biens, le vin et les draps. (cas d’école: pour 1h de travail, Angleterre = 10 m de draps et 100 l de vin et le Portugale pour les même bien 20 m et 200 l) Pour lui même si l’un de deux pays est meilleur que son concurrent dans les deux types de production, il a quand même intérêt à se spécialiser dans la production pour laquelle sa productivité du travail   est la meilleure tandis que l’autre aura intérêt à se spécialiser là où il est le moins mauvais: ains chaque pays emploiera ses actifs là où ils sont les efficaces.

Ce sera les draps pour l’Angleterre et le vin pour le Portugale. Ainsi le libre-échange et la division internationale du travail (système dans lequel chaque pays se spécialise dans la production des biens pour lesquels il possède un avantage comparatif )permette encore d’accroître la production mondiale, plus que si chaque pays qui se spécialisera dans le XIX siècle dans les produits industriels plutôt que dans les produits agricole deviendra le leader mondial. A son époque d’ailleurs l’Angleterre devient la première puissance industrielle et économique mondial.

Pour illustrer de manière moderne cette théorie, l’économiste américain Samuelson prend l’exemple d’un chef d’entreprise et de sa dactylo: même si le chef d’entreprise est meilleur que sa dactylo dans les prises de note. Il aura tout intérêt à lui laisse se spécialiser dans la prise de note et à se concentrer là ou il est encore bien plus productif qu’elle, c’est-à-dire dans son activité commerciale. Il suffit d’étendre cet exemple au nation.

Heckscher, Ohlin et Samuelson (HOS) ont réactualisé la théorie ricardienne. Selon eux, les pays doivent spécialiser dans les produits qui utilisent de façon intensive les facteurs de production qu’ils ont en abondance. Un pays qui a des terres fertiles devra par exemple se spécialiser dans l’agriculture ( ce que fait le brésil aujourd’hui par exemple). Leur théorie se fonde sur l’avantage comparatif que chaque pays possède en fonction de sa dotation factorielle ( ensemble des facteurs de production – travail, capital, ressources naturelles – dont dispose un pays).

NPG L241; David Ricardo by Thomas Phillips
Ricardo, comme tout vrai libéraliste anglo saxon a payee sa place pour avoir la chance de siéger au pouvoir  législatif.

Ricardo et HOS expliquent assez bien que la spécialisation des nations favorise le développement du commerce international interbranche (ex: des ananas contre du vin). Toutefois ils ne permettent pas de comprendre le développement du commerce intrabranche, c’est-à-dire le fait que des nations échangent entre elles des produits similaires (ex: des voitures contre des voitures). Ce dernier ne peut s’expliquer que par la spécialisation des produits: les entreprises, pour gagner des parts de marché à l’international, doivent proposer des produits aux caractéristiques différentes, c’est-à-dire miser sur la compétitivité hors-prix.

pour resumer simplement :

Ricardo => Avantage comparatif ==> Meilleur Productivité Travail

Heckscher Ohlin Samuelson ==> avantage comparatif ==> Dotation factorielle

Deuxième partie de  :  Commerce international : partie 2

Publicités

Une réponse sur “Commerce international: partie 1”

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s