Union Européenne: un atout ou un désavantage économique

Union européenne: un atout ou un désavantage économique

L’intégration régionale la plus aboutie.

L’intégration économique régionale est la constitution  d’un espace unique à partir de différentes économies nationales. Elle peut prendre des formes diverses mais se développe en parallèle de la mondialisation. L’intégration peut correspondre à une logique économique, accompagnant la mondialisation, ou une logique politique et culturelle.

L’intégration peut être plus ou moins forte, selon les degrés croissants suivants:

-zone de libre-échange: ensemble de pays qui acceptent la libre circulation des marchandises entre leurs territoires ( ALENA, 1992, EU-mex-can)

-union douanière: zone de libre-échange + création d’un tarif douanier commun par rapport au reste du monde (CEE à ses débuts)

-marché commun: union douanière + libre circulation des capitaux et des personnes (marché unique européen en 1993)

-union économique et monétaire: marché commun + politique économique commune et monnaie commune ( UEM, 1999, exemple unique à ce jour)

-union politique: création d’institutions politiques supranationales, comme le Parlement européen ou le conseil européen. La forme la plus aboutie d’union politique est la création d’un État.

L’euro: atout ou inconvénient ?

la mise en place de l’euro renforce l’intégration européenne

L’adoption d’une monnaie unique, l’euro (monnaie adoptée par la majorité des États membres de l’UE) en 1999; à renforcer l’intégration des économies européennes. L’euro doit en effet parfaire le libre-échange au sein de la zone et protéger ses membres contre les risques de change (ex.: les dévaluations compétitives). Parmi ses autres avantages, la monnaie unique supprime les coûts de conversion des monnaies, réduit l’incertitude sur les prix et améliore l’allocation de l’épargne pour les agents européens, ce qui est censé faciliter le financement des investissements en Europe (et donc la croissance et l’emploi).

Pour résumer :    La monnaie unique —>  pas de taux de change, pas de taxes sur déplacement de capitaux dans la zone —> baisse du cout des investissements et  baisse du coût des matières premières originaires de la zone —> possible  augmentation de la compétitivité prix vers hors zone.

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La ligue achéenne a elle aussi eu besoin d’une monnaie propre.

L’UEM est-elle une zone monétaire optimale ?

Selon l’économiste canadien Robert Mundell, les conditions de mise en place d’une zone monétaire optimale sont les suivantes: forte mobilité des facteurs de production, forte intégration commerciale et financière et des préférences communes (partage travail-loisir, âge de départ en retraite, niveau et mode de financement de la protection sociale, etc.) pour pallier la fin de l’ajustement par les taux de change. Il faudrait que l’UEM remplisse ces conditions pour être totalement efficace et produire les effets positifs attendus d’une monnaie unique.

Est-ce le cas ?

Lors de la mise en place de l’euro, les conditions de convergences (niveaux de dette – 60 %, de déficit – 3% et d’inflation < 2%) étaient réunies. Cependant, les États membres de l’UEM n’ont pas continué à converger après la mise en place de l’euro. Les difficultés actuelles de l’UEM seraient alors liées, selon la théorie de Mundell, à l’insuffisante mobilité des facteurs de production au sein de la zone et aux difficultés de coordonner des politiques communes, en particulier des politiques sociales. Ces dernières sont très difficiles à coordonner car certains pays tirent un avantage économique indéniable à bénéficier d’un coût du travail plus faible du fait qu’il ne finance pas un système de protection sociale aussi avancé que dans d’autres pays.

Des politiques économiques difficiles à coordonner.

des budgets nationaux et une monnaie commune

Au sein de l’Union européenne monétaire, la politique monétaire est menée par une autorité indépendante, la BCE, et son principal objectif est de contenir le niveau d’inflation. Dans le même temps, les politiques budgétaires sont menées par les gouvernements de chaque état membre de l’UE, sans concertation préalable avec ses partenaires.

Les risques de dysfonctionnement sont donc majeurs.  Trois exemples:

  1. Si la BCE, par exemple, mène une politique monétaire restrictive (taux d’intérêt élevés) tandis qu’un État membre veut relancer l’investissement par une politique budgétaire de relance, alors ce pays risque de devoir payer plus cher son emprunt ou bien le réduire.
  2. Par ailleurs, certains pays peuvent avoir intérêt à jouer les passagers clandestins: ‘est le cas lorsqu’un pays mène une politique de relance, s’endette et cherche à faire baisser son chômage et que son partenaire continue de mener une politique de rigueur. Le second, qui aura une inflation plus faible, risque de voir ses exportations croître avec le premier pays ( à cause du différentiel d’inflation qui augmente sa compétitivité prix) alors que le premier risque de connaître plus d’inflation, moins d’exportation et donc plus de chômage.
  3. Autre cas de figure: si tous les pays mènent ensemble des politiques d’austérité, cela va diminuer la demande globale de toute la zone et plonger celle-ci dans une récession économique dangereuse.

Cette interdépendance entre politique monétaire et politique budgétaire semble rendre nécessaire une coordination des politiques économiques au sein de la zone euro: il faudrait que les pays se consultent pour mener des politiques communes. Un début de réponse a été apporté par la mise en place du Pacte de stabilité et de croissance ( accord pour le contrôle des politiques budgétaires : 60% de dette, 3% de déficit, 2% d’inflation). Mais celui-ci n’a pas résisté aux crises économiques des années 2000.

Paul-Henri Spaak
Paul-Henri Spaak, Belge, qui a présidé le conseil de l’Europe pendant la tentative de construction d’une Europe de la défense.

L’exemple de la crise de la dette.

La crise d’endettement de certains pays membres plonge l’UEM dans une situation délicate. Certains États ne sont plus en mesure d’honorer leurs créditeurs ( ex.: Grèce). Le défaut de paiement d’un État pourrait provoquer une réaction en chaîne délicate dans les milieux bancaires car les dettes sont détenues par de nombreuses banques de toute la zone.

Face à ces difficultés, de nouveaux modes d’action se mettent peu à peu en place. En particulier, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE ont mis en place un Fonds européen de stabilité financière (FESF) qui est devenu en 2013 le mécanisme européen de stabilité (MES).L’idée est de permettre à l’Union européenne d’emprunter sur les marchés financiers pour aider ses États membres en  difficulté en garantissant le remboursement de ses emprunts par tous les États membres. Il s’agit donc d’un premier pas vers une mise en commun des dettes européennes et vers plus de solidarité budgétaire entre pays membres, ce qui risque de heurter l’opinion publique des pays les moins endettés.

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