Jissoji Akyo.

Jissoji Akyo.

Beaucoup moins connu que Kurosawa il reste dans le cercle ( ouvert) des réalisateurs japonais reconnus. Comme beaucoup, il a travaillé  sur de très nombreux genres : séries de super héros , thriller, sciences fiction, comédie dramatique, érotique. Ces principaux thèmes parlent de la mort ou de la religion – on le trouve également   sur quelques série TV comme Ultraman.

Jissoji akyo est né à Tokyo en 1937 mais a grandi en Mandchourie alors occupée par le Japon impérial.  Il  retourne à la capitale après la guerre pour y étudier à l’université de Waseda. Jissoji y pensa la littérature et le cinéma français dont il écrira plusieurs articles.

Apres ses études, il part travailler comme directeur de plusieurs série TV à TBS, une chaîne  japonaise. Grâce à sa connaissance du cinéma français, il va tenter d’incorporer des éléments de la nouvelle vague. En 1965 il réalise plusieurs épisodes de Ultraman et Ultraseven, sous la production de la société d’Eji Tsuburaya ( Godzilla). Ses épisodes de Ultraman restent ses projets les plus connus en Europe et aux États Unis.

En 1969 il produit son propre court métrage. Un huis-clos où un groupe d’amis joue avec la mort et une fuite de gaz. Ce court métrage se base sur un scénario non utilisé de Nagisa Oshima. Ce dernier proposa alors à la société de production ATG de financer Jissoji. ATG se concentre sur  l’importation  de film étranger. Mais, cherche alors à développer le cinéma d’art en limitant drastiquement les budgets. Les films étant beaucoup plus choisis pour leurs qualités  artistiques que commerciales.

Le premier film de cette union est Mujo. Tout au long du film Masao, fils de famille aisée, abandonne de plus en plus  la morale bouddhique pour la dépravation, l’inceste, les relations à 3 avec son maître. Il est mis en confrontation avec son ami Ogino, un  moine nihiliste ( école radicale du bouddhisme). Dans l’effort de réalisation on peut noter l’utilisation des travellings intelligents pour entourer les personnages dans le décor. Des couleurs très contrastées et une bande son coupée entre musique baroque et clochette rituelle.

Le second film est Mandala. Il se dote cette fois de la couleur mais,  pour raconter un thème proche du premier film.

Deux jeunes couples tombent dans une secte où les plaisirs sexuels et le travail de la terre sont au centre. Les protagonistes y cherchent un moyen d’échapper au Japon moderne.

Le dernier film de cette trilogie, Uta  revient au noir et blanc. On y suit les héritiers d’une grande famille qui ne veulent plus perpétrer le nom familial. À l’opposé , Jun un employé et fils illégitime de la famille, veut absolument faire préserver le nom de son père. Il sacrifie  les bonheurs que l’on peut trouver et se plie a une vie proche de l’ascèse. Son choix mènera à sa mort.

Ces film rejoignent La  nouvelle vague japonaise  qui se forme en réaction au film héroïque de samouraïs, et de Yakuza ( mafia japonaise, descendants des samouraïs). Et, cherche à montrer des problèmes de société. Ses 3 films ont en commun de questionner  la relation entre la liberté de l’homme et lois faites par les hommes pour contrôler les hommes. Ce défi est alors déjà présent dans des textes de philosophes grec et Français, mais la réponse imaginée est différente. Le réalisateur japonais se tournera plus vers la religion, alors que les européens plus vers la domination de l’autre. Cependant Jissoji réalisa plus tard un film tourné  autour de la vision du marquis du Sade, en jouant sur son côté irréel.

Son dernier film pour la société de production est Asaki yumemishila vie d’une courtisane. Plus classique, il y raconte la vie d’une courtisane du 13eme siècle qui cherche a fuir le paraître de la cours.

Par la suite il retournera à la télévision. Il sortira en 1977 un film plus léger Utamaro:  yume no shiriseba, « si j’avais su que c’était un rêve ». Un film policier impliquant meurtre et vol. Il signera son dernier film important en tant que réalisateur de science fiction en 1989. Tokyothe last megapolis suit un groupe de chaman en chasse d’un ancien démon qui prend l’apparence d’un militaire. Le film est une coproduction de Takashige Ichise, producteur la nouvelle vague de cinéma d’horreur japonais ( ring).

Pour finir sa carrière il enchaîna dans des univers pour enfant et pour adulte. Il Participera au film Ranpo noir et dix rêves. Deux adaptation surnaturelles  du  domaine littéraire.

Jissoji Akio est mort d’un cancer en 2006 à l’âge de 69ans. C’est ainsi un réalisateur représentatif de son siècle, au Japon. Comme un grand nombre à cette époque, il a tenté  de faire face aux contradictions de la société japonaise durant l’après guerre, alors que la reprise économique est forte. Et comme beaucoup il reste inconnu, même au Japon, malgré le prix du léopard d’or du festival de Locarno pour Mujo.

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